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Silverstone, le temple de la vitesse britannique : l'histoire du circuit et du Grand Prix moto

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Camille Bernard

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Le MotoGP retrouve ce week-end un circuit qui a vu naître le championnat du monde de vitesse tel qu’on le connaît aujourd’hui. Silverstone n’est pas qu’un tracé rapide de plus sur le calendrier : c’est l’un des berceaux historiques de la compétition automobile et motocycliste mondiale, construit sur les vestiges d’une base aérienne de la Seconde Guerre mondiale.

D’un aérodrome de bombardiers à un circuit de légende

Le site occupé aujourd’hui par le circuit accueillait, entre 1943 et 1946, la base aérienne RAF Silverstone, utilisée par les bombardiers de la Royal Air Force. La guerre terminée, les pistes de décollage désaffectées ont rapidement attiré les passionnés de vitesse : une première course improvisée s’y est tenue en septembre 1947, organisée par un groupe d’amis motivés davantage par l’envie de rouler vite que par un quelconque projet officiel. La première compétition réellement organisée a suivi le 2 octobre 1948.

Deux ans plus tard, l’endroit change définitivement de statut. Le Grand Prix de Grande-Bretagne 1950, disputé à Silverstone, devient la toute première manche du championnat du monde de Formule 1 nouvellement créé, en présence du roi George VI et de la reine Elizabeth. Un symbole fort pour un site qui n’était, quelques années plus tôt, qu’une piste d’envol militaire.

L’arrivée tardive mais décisive de la moto

Côté deux-roues, l’histoire prend un chemin différent. Jusqu’en 1976, le seul rendez-vous britannique du championnat du monde de vitesse se disputait sur l’Isle of Man, dans le cadre du célèbre TT. Mais la dangerosité extrême du tracé sur route ouverte a fini par convaincre les meilleurs pilotes de bouder l’épreuve, poussant la Grande-Bretagne à rapatrier son Grand Prix sur un circuit fermé plus conventionnel.

Silverstone accueille ainsi le premier Grand Prix moto de Grande-Bretagne sur le continent britannique en 1977, une première historique puisque jusque-là, aucune épreuve du championnat du monde n’avait eu lieu ailleurs que sur l’Isle of Man pour ce pays. Le circuit garde l’épreuve jusqu’en 1986, avant qu’elle ne migre vers Donington Park à partir de 1987, qui la conservera pendant plus de deux décennies.

Le Grand Prix moto ne revient à Silverstone qu’en 2010, dans une configuration remaniée du circuit, plus technique que la version ultra-rapide des années 1970-1980. Depuis, le circuit accueille la manche britannique du MotoGP presque chaque année, avec deux absences notables : 2018, année du fameux week-end sous des trombes d’eau, et 2020, saison bouleversée par la pandémie.

L’épisode du déluge de 2018

Le souvenir le plus marquant de l’ère MotoGP à Silverstone reste sans doute négatif. En août 2018, des pluies torrentielles s’abattent sur le Northamptonshire pendant tout le week-end. Les essais libres du samedi sont interrompus par des inondations sur plusieurs points du tracé, provoquant plusieurs chutes, dont celle de Tito Rabat, percuté par la moto de Franco Morbidelli et victime d’une triple fracture à la jambe. Le dimanche, malgré un report du départ à 11h30 dans l’espoir d’une fenêtre météo plus clémente, la pluie ne cesse jamais vraiment. La course est finalement annulée en fin d’après-midi, tout comme les épreuves Moto2 et Moto3 programmées derrière. Un épisode qui a longtemps pesé sur la réputation météorologique du circuit, avant son retour en grâce ces dernières saisons.

Un tracé qui récompense la confiance sur l’angle

Le circuit actuel s’étend sur 5,891 km et compte 18 virages, avec des passages emblématiques comme Abbey, Copse, Maggotts, Becketts ou Stowe, hérités directement de l’histoire automobile du lieu. C’est un tracé rapide, aux enchaînements de courbes exigeants, qui demande des motos stables à l’angle et des pilotes en confiance pour attaquer les changements d’appui sans lever le pied. Historiquement, ce type de tracé a plutôt souri aux motos capables de conserver leur vitesse de passage en courbe, plus qu’à la pure puissance en ligne droite.

Valentino Rossi reste le pilote le plus titré de l’histoire du Grand Prix moto britannique toutes éditions confondues, avec huit victoires, tandis que Honda domine le tableau des constructeurs. Une statistique qui donne la mesure du prestige de cette manche dans l’histoire du championnat, bien au-delà de sa seule dimension sportive.

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À propos de Camille Bernard

Passionnée de deux-roues et de mécanique, Camille a découvert l'univers moto sur circuit avant de se tourner vers le journalisme spécialisé. Elle suit particulièrement l'actualité des constructeurs, les nouveautés équipement et les évolutions réglementaires. Son approche se veut accessible, précise et orientée vers les besoins des motards du quotidien.

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