Le mot « custom » recouvre en réalité plusieurs familles bien distinctes. Le néo-rétro cultive l’allure d’une moto d’époque sans en avoir les défauts mécaniques. Le cruiser mise sur une position basse, les jambes en avant, et un couple généreux à bas régime. Le bobber pousse l’épure esthétique à son maximum, quitte à sacrifier un peu de confort ou de praticité. Ces trois approches se retrouvent à tous les niveaux de budget, ce qui rend le choix d’autant plus intéressant : il ne s’agit pas seulement de dépenser plus pour obtenir mieux, mais de trouver le style qui correspond à sa pratique.
Vue d’ensemble de notre sélection
| Modèle | Style | Moteur | Puissance | Poids | Prix (France) |
|---|---|---|---|---|---|
| Royal Enfield Classic 350 | Néo-rétro | Monocylindre 349 cm³ | 20,2 ch | ~195 kg | 5 290 € |
| Kawasaki Vulcan S | Cruiser | Bicylindre parallèle 649 cm³ | 61 ch | ~215 kg à sec | à partir de 8 299 € |
| Moto Guzzi V7 Special 850 | Néo-rétro | Bicylindre en L 853 cm³ | 67,3 ch | 223 kg en ordre de marche | 10 050 € |
| Harley-Davidson Nightster | Cruiser | Bicylindre Revolution Max 975T | 91 ch | ~218 kg (481 lb) | 11 390 € |
| Triumph Bonneville Bobber | Bobber | Bicylindre parallèle 1200 cm³ | 77 ch | 251 kg en charge | 16 695 € |
Tarifs catalogue France relevés début 2026, hors frais de mise à la route. Susceptibles d’évoluer selon les finitions et les coloris.
Royal Enfield Classic 350 : l’entrée dans l’univers néo-rétro
Moteur : Monocylindre 349 cm³, air/huile | Puissance : 20,2 ch à 6 100 tr/min | Couple : 27 Nm à 4 000 tr/min | Prix : 5 290 €

La Classic 350 reste la porte d’entrée la plus évidente du segment custom en France. Son monocylindre modeste sur le papier ne cherche pas la performance : il vise la simplicité, la fiabilité et un caractère mécanique perceptible à chaque coup de gaz. Le style, avec son phare rond, son réservoir généreux et ses jantes à rayons, reprend les codes de la Bullet historique sans en avoir l’âge ni les compromis techniques.
Compatible avec le permis A2 sans débat possible tant sa puissance reste contenue, elle s’adresse en priorité au jeune motard qui découvre la catégorie custom, ou à celui qui cherche une seconde moto simple pour la ville et les balades du dimanche. Le revers de la médaille : au-delà de 110 km/h, le monocylindre montre ses limites, et les trajets d’autoroute prolongés ne sont clairement pas sa vocation.
Pour qui : le premier custom, le budget serré, ou l’envie d’une moto simple mécaniquement et facile à entretenir.
Kawasaki Vulcan S : le cruiser abordable et ajustable
Moteur : Bicylindre parallèle 649 cm³, liquide | Puissance : 61 ch à 7 500 tr/min | Couple : 62,8 Nm à 6 600 tr/min | Prix : à partir de 8 299 €

La Vulcan S occupe une place à part dans le segment cruiser : c’est l’une des rares motos de cette famille à proposer un système d’ajustement Ergo-Fit, qui permet d’adapter la position de la selle, des repose-pieds et du guidon à la morphologie du pilote, avec plusieurs configurations possibles. Un vrai avantage pour les petits gabarits qui trouvent souvent les cruisers trop imposants.
Le bicylindre parallèle de 649 cm³, dérivé du bloc de la Z650 et de la Ninja 650, apporte un caractère plus vif que la moyenne du segment, sans pour autant renier la position jambes avancées typique des cruisers. Le freinage avant à disque unique de 300 mm reste correct sans être exceptionnel, et l’ABS est de série sur toute la gamme.
Pour qui : le motard qui veut la posture cruiser sans le poids ni l’encombrement d’un gros V-twin, avec un tarif d’accès parmi les plus raisonnables du segment.
Moto Guzzi V7 Special 850 : le néo-rétro transalpin
Moteur : Bicylindre en L à 90°, 853 cm³ | Puissance : 67,3 ch | Couple : 79,4 Nm | Prix : 10 050 €

Impossible de parler de néo-rétro sans évoquer la V7. Moto Guzzi cultive depuis plus de cinquante ans cette silhouette reconnaissable entre mille, avec son V-twin transversal exposé de part et d’autre du cadre, ses cylindres qui dépassent largement de la carrosserie et son couple disponible dès les bas régimes. La version Special, avec son réservoir chromé et sa selle biplace classique, incarne le versant le plus élégant de la gamme.
Le passage à 853 cm³ a permis un léger regain de puissance par rapport aux générations précédentes, sans pour autant transformer le caractère de la moto : la V7 reste une machine de balade, agréable sur route sinueuse, moins pertinente sur autoroute où le bicylindre montre ses limites de régime. La hauteur de selle contenue à 780 mm en fait une moto accessible, y compris pour les gabarits plus modestes.
Pour qui : l’amateur d’authenticité italienne, qui privilégie le caractère mécanique et l’élégance sur la performance pure.
Harley-Davidson Nightster : le cruiser moderne et compact
Moteur : Revolution Max 975T, bicylindre en V à 60°, liquide | Puissance : 91 ch à 7 500 tr/min | Couple : 98 Nm à 5 750 tr/min | Prix : 11 390 €

Le Nightster marque une rupture nette avec l’image traditionnelle de Harley-Davidson. Là où la marque de Milwaukee a longtemps mis en avant des V-twins refroidis par air et un poids conséquent, le Nightster embarque un moteur liquide moderne, double arbre à cames en tête, qui délivre une puissance largement supérieure à celle des cruisers d’entrée de gamme classiques. Avec 481 livres à vide, soit environ 218 kg, c’est aussi l’un des Harley les plus légers du catalogue.
Le résultat sur route surprend ceux qui s’attendent à un cruiser placide : le Nightster accélère franchement, avec un couple disponible tôt dans les tours, et se montre plus agile en virage que la plupart des customs de ce gabarit. Les roues de 19 pouces à l’avant et 16 pouces à l’arrière, plus proches d’une configuration routière classique que d’un cruiser traditionnel, participent à cette impression.
Pour qui : celui qui veut l’image Harley-Davidson sans le poids ni le budget d’un modèle Touring, avec un vrai agrément dynamique en prime.
Triumph Bonneville Bobber : la référence esthétique du segment
Moteur : Bicylindre parallèle 1200 cm³, réglage High Torque | Puissance : 77 ch | Couple : 106 Nm | Prix : à partir de 16 695 €

La Bobber a redéfini les standards du genre depuis son lancement. Triumph a réussi un exercice difficile : proposer une silhouette de bobber artisanal, avec une selle mono-place flottante et un garde-boue arrière minimaliste, tout en conservant l’ABS, le contrôle de traction sensible à l’inclinaison et une injection moderne. Le cadre dissimule intelligemment la suspension arrière sous la selle, un tour de force esthétique qui préserve les lignes épurées sans sacrifier le confort de suspension.
Le bicylindre 1200 cm³ à réglage High Torque privilégie le couple disponible dès les bas régimes plutôt que la puissance en haut moteur, cohérent avec la philosophie de la moto : rouler tranquillement, profiter du bruit du bicylindre, et ne pas chercher la performance à tout prix. Les 251 kg en charge se font sentir à l’arrêt, mais restent bien répartis une fois en mouvement.
Pour qui : celui qui place l’esthétique et le caractère mécanique au-dessus de tout, avec un budget qui suit.
Comment choisir selon votre profil
| Profil | Recommandation |
|---|---|
| Premier custom, budget minimal | Royal Enfield Classic 350 |
| Petit gabarit, cruiser ajustable | Kawasaki Vulcan S |
| Amateur d’authenticité italienne | Moto Guzzi V7 Special |
| Image forte, poids maîtrisé | Harley-Davidson Nightster |
| Esthétique avant tout, budget conséquent | Triumph Bonneville Bobber |
| Déjà motard A2, envie de monter en cylindrée | La Royal Enfield Bullet 650 complète utilement cette sélection, entre la Classic 350 et le reste du segment |
Verdict
Le segment custom n’a jamais offert un choix aussi large en 2026, du monocylindre accessible de la Classic 350 au bicylindre haute technologie du Nightster. La bonne nouvelle : contrairement à d’autres catégories où le prix conditionne presque tout, ici chaque budget correspond à un style affirmé plutôt qu’à une simple montée en gamme. Le vrai critère de choix reste l’usage visé : ville et balades tranquilles pour un néo-rétro léger, image et couple généreux pour un cruiser, pure esthétique pour un bobber. Prendre le temps de l’essai reste, comme toujours sur ce type de moto où le ressenti prime sur la fiche technique, la meilleure façon de trancher.
À propos de Lucas Morel
Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.
« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »