Il y a un an, presque au même endroit, le BMW Motorrad World Endurance Team voyait le titre mondial lui échapper à moins de trente minutes du drapeau à damier. Dimanche, sur le même circuit Paul Ricard, l’histoire s’est écrite dans l’autre sens : la BMW M 1000 RR n°37 a remporté le 89e Bol d’Or et, avec lui, le championnat du monde d’endurance FIM EWC 2026. Une première pour un constructeur européen depuis la création de la discipline.
Un week-end parfait, du premier au dernier tour
Markus Reiterberger, Steven Odendaal et Michael van der Mark n’ont laissé planer aucun doute. Pole position vendredi, tous les points disponibles aux deux points de passage intermédiaires, puis victoire au terme des 24 heures : le trio décroche les 65 points maximum mis en jeu à Paul Ricard. Ce sans-faute permet à l’équipe basée en Belgique et dirigée par Werner Daemen de renverser un écart qui semblait pourtant conséquent avant la course.
Sur la piste, l’écart final reste pourtant serré. La BMW n°37 bat de justesse la Suzuki n°12 du Yoshimura SERT Motul, tenue par Gregg Black, Étienne Masson et Dan Linfoot, après 742 tours parcourus, un nouveau record pour l’épreuve. Le YART Yamaha Official EWC Team de Marvin Fritz, Karel Hanika et Leandro Mercado complète le podium, à deux tours seulement du vainqueur.
| Position | Équipe | Moto | Tours |
|---|---|---|---|
| 1 | BMW Motorrad World Endurance Team | BMW M 1000 RR n°37 | 742 |
| 2 | Yoshimura SERT Motul | Suzuki n°12 | 741 |
| 3 | YART Yamaha Official EWC Team | Yamaha n°1 | 740 |
Un titre arraché à quatre points près
Au classement final du championnat, BMW devance le YART Yamaha Official EWC Team de seulement quatre points. La marge paraît confortable sur le papier une fois la course achevée, mais elle rappelle surtout la marge d’erreur quasi nulle qu’imposent 24 heures de course : une chute, un problème électronique ou un ravitaillement mal exécuté auraient suffi à renverser l’issue de toute une saison.
Ce sacre a une saveur particulière pour BMW Motorrad Motorsport, qui n’avait jamais remporté ce titre depuis l’entrée en lice du constructeur bavarois en endurance mondiale. C’est aussi la première fois qu’un fabricant européen s’impose au championnat du monde FIM EWC, une discipline traditionnellement dominée par les constructeurs japonais, Yamaha et Suzuki en tête.
Le contexte de la revanche
Ce dénouement fait écho à l’édition 2025 de la même épreuve, où une défaillance technique avait privé BMW du titre à quelques minutes seulement du drapeau à damier, alors que la victoire semblait acquise. Reiterberger, qui court en endurance avec la marque depuis plusieurs saisons, a dédié ce titre à son entourage sportif, insistant sur la longueur du chemin parcouru avant d’atteindre ce résultat.
Le calendrier FIM EWC 2026 s’achève avec cette manche du Castellet. La saison prochaine s’annonce comme l’occasion pour BMW de défendre son titre face à des rivaux japonais qui ne manqueront pas de revoir leur préparation après cette défaite inattendue sur leur terrain de prédilection historique.
Pour revivre le déroulé de cette finale à suspense, notre compte-rendu publié samedi détaille la grille de départ et les enjeux du week-end. Et pour remettre cette victoire dans la perspective d’un siècle de course, notre récit sur l’histoire du Bol d’Or retrace les grandes heures de cette classique française.
À propos de Lucas Morel
Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.
« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »