Sous 5°C, la question n’est plus seulement celle de l’imperméabilité mais celle de la sensibilité des doigts. Un gant d’hiver mal choisi transforme un trajet de vingt minutes en épreuve, avec des mains douloureuses avant même d’arriver. Deux familles s’affrontent sur ce marché : les gants isolés classiques, qui misent sur les membranes imperméables et le rembourrage, et les gants chauffants, qui ajoutent des résistances électriques alimentées par batterie. Quatre modèles pour comprendre où se situe le vrai compromis.
Ce qui distingue un bon gant d’hiver
Avant de comparer les modèles, quelques critères structurent le choix :
- Étanchéité : membrane imperméable et respirante, seule garantie contre l’humidité qui s’infiltre par capillarité le long des coutures.
- Isolation : type et grammage du rembourrage thermique, généralement en PrimaLoft pour les modèles premium.
- Chauffage : présence ou non de résistances électriques, autonomie de la batterie, niveaux de réglage.
- Protection : certification CE EN 13594, coque aux articulations, renfort de paume.
- Compatibilité écran tactile : de plus en plus standard, mais avec des niveaux de sensibilité très variables.
Les quatre modèles retenus
Ixon Pro Hurricane 2 : l’entrée de gamme qui tient au froid

Prix indicatif : 45 – 50 €
Le Pro Hurricane 2 mise sur une membrane XDRY imperméable et respirante, doublée d’une ouate de 150 g. La construction associe un dos de main en softshell et une paume en Amara avec renfort daim, pour une bonne accroche sur le guidon malgré l’épaisseur du gant. La coque de protection aux articulations reste discrète mais fonctionnelle, avec une certification CE niveau 1 KP.
Ce qu’on lui reproche : au-delà de zéro degré prolongé, les doigts finissent par refroidir après 30 à 40 minutes de trajet, faute d’isolation renforcée. La manchette courte, pensée pour un usage roadster plutôt que grand tourisme, laisse aussi un peu d’air passer au niveau du poignet sur autoroute.
Pour qui : trajets urbains et périurbains, budget serré, hiver tempéré plutôt que grand froid.
Alpinestars WT-4 Gore-Tex : l’isolé qui ne triche pas

Prix indicatif : 95 – 140 €
Le WT-4 s’appuie sur une membrane Gore-Tex, la référence en matière d’étanchéité et de respirabilité, associée à une isolation PrimaLoft Silver Active de 80 g. La paume et les côtés de main sont en cuir pour une meilleure résistance à l’abrasion, avec la technologie Gore Grip qui préserve la sensibilité des commandes malgré l’épaisseur du gant. Les doigts précourbés réduisent la fatigue sur les longs trajets, et la manchette longue à double serrage limite les entrées d’air froid.
Ce qu’on lui reproche : sans système chauffant, le WT-4 reste tributaire de la météo réelle. Par grand froid sec en dessous de -5°C ou lors de trajets prolongés à vitesse élevée, l’isolation passive montre ses limites après une heure de route.
Pour qui : motard régulier toute l’année, qui privilégie la polyvalence et le rapport qualité-prix sans dépendre d’une batterie.
Five HG3 Evo WP : le chauffant qui démocratise la technologie

Prix indicatif : 185 – 250 €
Le HG3 Evo WP est le point d’entrée de la gamme chauffante de Five. Il embarque la même technologie que les modèles supérieurs de la marque : membrane imperméable 5_DryTech, isolation PrimaLoft Gold 170 g sur le dessus, et un système Dual Control qui permet de régler l’intensité de chauffe des deux gants depuis un simple bouton sur la main droite, sans lâcher la poignée. Les batteries et le chargeur sont inclus.
Ce qu’on lui reproche : la construction extérieure, plus simple que sur les modèles haut de gamme, garde un aspect moins premium. L’autonomie varie de 2 à 6 heures selon le niveau de chauffe choisi, ce qui impose d’anticiper la recharge avant un trajet long en plein hiver.
Pour qui : motard qui roule toute l’année, y compris par grand froid, sans vouloir investir dans le haut de gamme chauffant.
Five HG Prime GTX : le chauffant premium

Prix indicatif : 320 – 345 €
Le HG Prime GTX ajoute une membrane Gore-Tex à la technologie chauffante Dual Control, avec une isolation PrimaLoft intégrale et un dos de main en softshell à coutures thermosoudées. La paume en cuir de chèvre conserve un excellent feeling malgré l’ensemble de couches techniques. Trois niveaux de chauffe, Eco, Regular et Boost, permettent d’ajuster précisément la consommation de la batterie selon la météo réelle.
Ce qu’on lui reproche : le tarif, qui rivalise avec celui d’un blouson d’entrée de gamme. Le gant reste aussi plus volumineux que les modèles non chauffants, ce qui peut gêner sur une moto au guidon étroit.
Pour qui : grand routier ou motard qui roule par tous les temps sur de longues distances, prêt à investir dans le meilleur confort thermique disponible.
Tableau comparatif
| Modèle | Prix indicatif | Chauffant | Membrane | Certification CE | Meilleur usage |
|---|---|---|---|---|---|
| Ixon Pro Hurricane 2 | 45 – 50 € | Non | XDRY | Niveau 1 KP | Urbain, budget |
| Alpinestars WT-4 Gore-Tex | 95 – 140 € | Non | Gore-Tex | Niveau 1 | Polyvalent, toute saison |
| Five HG3 Evo WP | 185 – 250 € | Oui | 5_DryTech | Niveau 1 | Hiver régulier |
| Five HG Prime GTX | 320 – 345 € | Oui | Gore-Tex | Niveau 1 | Grand froid, longue distance |
Chauffant ou non : comment trancher
Un gant isolé classique suffit pour la majorité des trajets hivernaux en France métropolitaine, à condition de ne pas rouler des heures d’affilée par température négative. Le budget investi profite alors davantage à l’imperméabilité et à la protection qu’au confort thermique pur.
Le passage au gant chauffant se justifie dès que les trajets s’allongent, que le froid devient un facteur limitant sur le trajet quotidien, ou pour les motards qui roulent en montagne ou tôt le matin en plein hiver. La contrainte de la batterie, souvent perçue comme un inconvénient, devient secondaire une fois l’habitude de recharge intégrée à la routine du soir.
Quel gant pour quel profil ?
Budget serré, usage urbain : l’Ixon Pro Hurricane 2 couvre l’essentiel sans grever le budget équipement.
Motard toute saison, sans envie de gérer une batterie : l’Alpinestars WT-4 Gore-Tex reste le choix le plus simple et le plus polyvalent, avec une isolation qui tient la route dans la majorité des situations.
Motard hivernal régulier : le Five HG3 Evo WP apporte le confort du chauffant sans le tarif du haut de gamme, un compromis qui a du sens pour qui roule chaque semaine en hiver.
Grand routier, longue distance par tous les temps : le Five HG Prime GTX reste la référence, au prix d’un investissement conséquent.
Les prix indiqués restent indicatifs et varient selon les revendeurs et les périodes de l’année. Comme pour toute protection moto, mieux vaut essayer le gant avec le blouson porté habituellement avant d’acheter : la manchette doit toujours recouvrir le poignet du blouson, jamais l’inverse.
À propos de Camille Bernard
Passionnée de deux-roues et de mécanique, Camille a découvert l'univers moto sur circuit avant de se tourner vers le journalisme spécialisé. Elle suit particulièrement l'actualité des constructeurs, les nouveautés équipement et les évolutions réglementaires. Son approche se veut accessible, précise et orientée vers les besoins des motards du quotidien.
« Rouler mieux, c'est aussi mieux s'informer. »