Un an après l’avoir exposée sous forme de prototype barré d’un « Testing in Progress », Royal Enfield a présenté le 3 novembre, à l’EICMA, la version de série de sa Himalayan 750. C’est la première Himalayan à moteur bicylindre, et la première moto de la marque indienne à embarquer une électronique de ce niveau. Elle vient coiffer la Himalayan 450, sans la remplacer.

Un nouveau bicylindre de 743 cm³
Le moteur est inédit. Il s’agit d’un bicylindre parallèle de 743 cm³, refroidi par air et huile, dérivé de la famille 650 de la marque mais profondément retravaillé. Royal Enfield annonce 54,25 ch (environ 55 ch) à 7 000 tr/min et 63 Nm à 5 000 tr/min, avec 90 % du couple disponible dès 3 500 tr/min. La boîte compte six rapports et l’embrayage est assisté et antidribble.
Sur le papier, la puissance reste raisonnable pour la catégorie. Le constructeur a clairement privilégié la souplesse à bas régime, ce qui colle à l’ADN baroudeur de la lignée.
Showa, ABS en courbe et régulateur
La partie-cycle repose sur un cadre à poutre de section rectangulaire, le moteur faisant office d’élément porteur. Royal Enfield est allé chercher Showa pour les suspensions, ce qui marque une montée en gamme nette par rapport à la 450.
| Caractéristique | Royal Enfield Himalayan 750 |
|---|---|
| Moteur | Bicylindre parallèle 743 cm³, air/huile |
| Puissance / couple | 54,25 ch à 7 000 tr/min / 63 Nm à 5 000 tr/min |
| Fourche | Showa inversée 43 mm, 190 mm, réglable en précharge, compression et détente |
| Amortisseur | Showa à biellette, 175 mm, réglable en précharge et détente |
| Roues | 110/80 R19 et 150/70 R17 tubeless, jantes alu ou à rayons |
| Freins | 2 disques de 280 mm à l’avant, 255 mm à l’arrière |
| Poids tous pleins faits | 224 kg |
| Hauteur de selle | 815 mm |
| Garde au sol | 205 mm |
| Réservoir | 17,8 litres |
L’électronique s’appuie sur une centrale inertielle : ABS en courbe déconnectable, antipatinage sensible à l’angle sur quatre niveaux, et cinq modes de conduite (Road, Road Sport, Rain, Trail et Custom) qui agissent sur la cartographie, l’ABS et l’antipatinage. On trouve aussi un régulateur de vitesse, un contrôle de pression des pneus, des clignotants à extinction automatique, des feux stop d’urgence et deux prises USB-C, dont une de 27 W.
L’écran TFT de 4 pouces reprend la connectivité Bluetooth de la 450, avec navigation cartographique complète, gestion des appels et de la musique.
Le revers de cet équipement, c’est la balance. À 224 kg, la 750 rend une trentaine de kilos à sa petite sœur, ce qui la place dans la moyenne des trails bicylindres de moyenne cylindrée.
Trois versions, des prix britanniques agressifs
Royal Enfield a ouvert les réservations au Royaume-Uni et en Europe. Outre-Manche, la gamme se découpe ainsi :
| Version | Prix Royaume-Uni |
|---|---|
| Jantes alu | 6 999 £ |
| Jantes à rayons tubeless | 7 299 £ |
| Antarctic Silver Touring (bagagerie GIVI) | 8 699 £ |
La version Touring regroupe un top-case et des valises rigides GIVI, des poignées chauffantes, des protège-mains et un sabot en aluminium. Cinq coloris sont au catalogue : Antarctic Silver, Siberia White, Aztec Green, Viking Bronze et Tectonic Black. Le tarif français n’a pas encore été officialisé à l’heure où nous écrivons.
Et pour le permis A2 ?
Avec environ 40 kW d’origine, la Himalayan 750 dépasse le plafond de 35 kW du permis A2. Sa puissance restant très en dessous de la limite de 70 kW, elle se prête techniquement à un bridage, mais Royal Enfield n’a pas encore détaillé de version homologuée 35 kW pour la France.
Une concurrence qui se densifie
La Himalayan 750 arrive sur un segment en pleine effervescence. Kawasaki vient de dévoiler sa KLE650, Honda reste solidement installé avec la NX500 en dessous et la Transalp au-dessus, et Yamaha garde la Ténéré 700 en ligne de mire de tout le monde. Face à elles, Royal Enfield joue une carte qu’il maîtrise : un équipement complet pour un prix contenu, et un moteur pensé pour le couple plutôt que pour la fiche technique.
Le choix d’un moteur refroidi par air et huile, à l’heure où la concurrence est passée au liquide, interroge davantage. Il faudra rouler la moto pour juger de son caractère et de ses performances chargée. En attendant, ceux qui préparent déjà leurs grands voyages peuvent comparer les pneus trail et adventure et les casques trail adaptés à ce type de machine, ou parcourir notre sélection des meilleurs trails de l’année.
Source : Royal Enfield, présentation EICMA du 3 novembre 2026.
À propos de Lucas Morel
Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.
« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »