Vingt-sept ans après la première SV650, Suzuki tourne la page. Présentée le 3 novembre à Milan, en ouverture de l’EICMA, la SV-7S reprend la recette du roadster V-twin le plus populaire de la marque et la met enfin au goût du jour. Même moteur, même cadre treillis, même selle basse, mais une électronique qui manquait cruellement à son aînée.
Le nom ne doit rien au hasard. Il aligne la SV-7S sur la SV-7GX, le crossover présenté un an plus tôt avec le même bicylindre, et la place logiquement sous la GSX-8S dans la gamme roadster.

Le V-twin 645 cm³ passe au ride-by-wire
Le cœur de la moto ne change pas d’architecture : bicylindre en V à 90°, 645 cm³, refroidissement liquide, double arbre à cames et quatre soupapes par cylindre. La différence se joue en amont, avec une commande des gaz électronique et deux corps de papillon de 39 mm. Les données publiées pour l’Europe font état de 73 ch à 8 500 tr/min et 64 Nm à 6 800 tr/min, soit les valeurs de la SV-7GX.
Ce passage au ride-by-wire ouvre la porte à tout ce qui faisait défaut à la SV650 :
| Équipement | SV650 (dernière version) | SV-7S 2027 |
|---|---|---|
| Commande des gaz | Câble | Ride-by-wire |
| Modes moteur | Non | 3 (A, B, C) |
| Antipatinage | Non | 3 niveaux, désactivable |
| Shifter | Non | Bidirectionnel |
| Instrumentation | LCD | TFT couleur 4,2 pouces, appli Suzuki Ride Connect+ |
| Aides au démarrage | Easy Start, Low RPM Assist | Easy Start, Low RPM Assist |
Le mode C limite la puissance à 45 kW. Attention toutefois : ce n’est pas un bridage A2. Suzuki prévoit une version spécifique à 35 kW pour les titulaires du permis A2, seule homologuée pour cet usage. Ceux qui hésitent sur la marche à suivre au moment de passer au permis A trouveront le détail dans notre dossier sur le débridage moto.
Une partie-cycle qui reste simple
Pas de révolution côté châssis. La SV-7S conserve un cadre treillis en acier et un bras oscillant tubulaire, avec une fourche conventionnelle de 41 mm (125 mm de débattement) et un monoamortisseur à biellette réglable en précharge sur sept positions (129 mm). Le freinage avant confie le travail à deux disques flottants de 290 mm pincés par des étriers quatre pistons, l’arrière se contentant d’un disque de 240 mm.
| Caractéristique | Suzuki SV-7S 2027 |
|---|---|
| Poids tous pleins faits | 200 kg |
| Hauteur de selle | 785 mm |
| Réservoir | 14 litres |
| Empattement | 1 445 mm |
| Angle de chasse / chasse | 25° / 106 mm |
| Pneus | Dunlop Roadsmart III, 120/70 ZR17 et 160/60 ZR17 |
| Consommation WMTC | 4,1 l/100 km |
Avec 785 mm de selle et 200 kg, elle reste plus basse et plus légère que la SV-7GX (795 mm, 211 kg). Les petits gabarits, qui ont fait une bonne partie du succès de la SV650 en moto-école, ne devraient pas être dépaysés.
Trois coloris, prix encore inconnu
Suzuki annonce trois teintes : Pearl Suzuki Deep Blue No. 4, Glass Sparkle Black et Mat Sword Silver associé à du noir. La commercialisation est prévue au premier semestre 2027. Aucun tarif n’a été communiqué pour l’instant, ni en France ni ailleurs en Europe.
Pour se faire une idée, la SV-7GX est vendue en France à partir de 7 999 €. La SV-7S, plus dépouillée, devrait logiquement se placer en dessous. Reste à voir de combien.
Face à une concurrence qui a beaucoup progressé
Le segment des roadsters de moyenne cylindrée accessibles aux A2 n’a jamais été aussi disputé. La Yamaha MT-07 a fait sa mue avec ride-by-wire et options de boîte automatisée, la Kawasaki Z650 a reçu son lot d’électronique, la KTM 790 Duke revient en force et Honda pousse sa CB750 Hornet. Sans compter les nouvelles venues chinoises, très agressives sur les prix.
La SV650 tenait encore par son caractère, son moteur plein de couple et sa fiabilité de métronome, bien plus que par sa fiche technique. La SV-7S garde tout cela et comble enfin le retard technologique. Si Suzuki la positionne au bon prix, elle a de quoi reprendre sa place en haut des meilleurs roadsters du moment. Nous la prendrons en main dès son arrivée en concession.
Source : Suzuki, présentation EICMA du 3 novembre 2026.
À propos de Lucas Morel
Journaliste moto indépendant et passionné depuis l'adolescence. Titulaire du permis A depuis 2014, Lucas a roulé sur une dizaine de machines différentes, du roadster à la sportive. Amateur de voyages à moto et d'équipement technique, il teste régulièrement casques, intercoms, pneus et accessoires. Sa ligne éditoriale privilégie les essais terrain, les comparatifs détaillés et les conseils pratiques pour aider les motards à faire les bons choix.
« Plus qu'un équipement, une moto est une façon de vivre. »